L'Église du Sauveur de Ribas se présente comme un espace qui conserve beaucoup des principes et particularités liés à sa construction romane, malgré les solutions architecturales qui ont été adoptées pendant siècles suivants et qui sont visibles, par exemple, au niveau du beffroi, qui date de la seconde moitié du XVIIIe siècle.
Entourée de bâtiments privés et de soutien à la communauté, bordée d'un jardin avec un buste du prêtre Magalhães Costa et une croix commémorant les centenaires, cette Église, dédiée au Sauveur, a un plan longitudinal, composé d'une nef et d'un sanctuaire rectangulaires, d'un clocher, d'une salle paroissiale, d'une chapelle latérale et d'une sacristie.

Il faut souligner que sa structure romane est bien préservée, au niveau de son extérieur et de son homogénéité, ses parements ne portant pas de marques qui indiquent des interruptions ou des changements du projet primitif. L'Église fut donc construite en une seule fois.
Une autre caractéristique romane évidente est la cohérence décorative mise en évidence par les perles en relief sur les deux archivoltes du portail principal, au niveau de l'ouverture qui le couronne, sur les corniches du pignon de la façade principale, de celui de l'arc triomphal et de celui du mur du fond du chevet, ainsi qu'au long des corniches latérales de la nef et de l'abside. Ce même motif décoratif est encore visible sur les quelques modillons de cette Église.
La composition des croix terminales des pignons, la présence des ouvertures étroites, la disposition du portail latéral sud, les corbeaux qui indiquent qu'il était surmonté d'un porche, sont autant d'éléments qui indiquent que cet espace a été construit au milieu du XIIIe siècle.
Malgré son mauvais état, on peut encore voir un autre vestige roman dans le parvis muré de l'Église, près de la façade arrière : l'ancien font baptismal, avec le bassin, la base et des dessins circulaires et lisses.
Bien que l'extérieur nous indique un contexte roman, on ne peut pas en dire de même de son intérieur. La seule exception est son arc triomphal dont les chapiteaux répètent presque le schéma décoratif du portail principal : des motifs de feuillures en relief, avec peu de volume, associés à une composition de petites perles formant des rangs sur l'ensemble extérieur de l'église.
En outre, l'intérieur est surtout marqué par les temps modernes, avec l'utilisation du style maniériste et baroque. Ce nouvel environnement révèle la présence de moulures, du côté de l'épître, qui nous font penser à des modifications qui ont eu lieu pendant les temps modernes, peut-être lors d'une campagne de travaux qui a conduit à l'ouverture d'une fenêtre rectangulaire sur le mur du sanctuaire, du même côté.
Le retable principal exhibe un travail en bois sculpté, d'inspiration maniériste, bien que profondément marqué par des ajouts ultérieurs qui cherchaient un modèle dans le style baroque. D'ailleurs, les autres ornements des retables dénotent la présence de styles artistiques qui ont marqué le XIXe siècle et le siècle suivant.
Parmi l'ensemble de l'imagerie qui enrichit l'intérieur de cette Église, nous soulignons l'image de la Dame de la Vallée, en bois rembourré, du XVIIe siècle et les sculptures du Saint-Sauveur et de la Vierge du Rosaire, du XVIIIe siècle.
De plus, les travaux de restauration de l'autel principal, réalisés dans les années 40 du XXe siècle, ont mis à nu des peintures murales assez bien conservées, au niveau du chevet, derrière ce retable : au centre, l'image du Sauveur d'une grande taille, à sa droite, la figuration de Sainte-Catherine d'Alexandrie et, à sa gauche, ce qui ressemble à une partie de la scène de l'Annonciation.